Article : Les couleurs dans l’architecture
Les couleurs dans l’architecture :
La présence de la couleur dans l’architecture est une pratique visible à toutes les époques et dans toutes les civilisations. La paroi a été le premier support de la peinture. Les peintures pariétales des cavernes préhistoriques, les fresques des villas pompéiennes, les décors sculptés polychromes des églises romanes, les plafonds peints des châteaux baroques ou les graffitis urbains actuels, témoignent de la volonté de recouvrir les surfaces de couleurs pour animer un édifice. La peinture murale, art public ou privé, laïque ou religieux, populaire ou élitiste, témoigne des préoccupations de chaque époque et joue un rôle éducatif, social, voire politique. En 1825, l’architecte français Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) a présenté sa théorie de la polychromie des édifices antiques qui s’appuie sur les fouilles archéologiques du 18ème siècle. Il voulait prouver que les temples étaient entièrement peints. Pendant presque quinze ans, cette doctrine a fait l’objet d’une polémique parmi les historiens d’art qui refusaient de rompre avec le principe de nudité des murs extérieurs. Par la suite, les fouilles archéologiques ont effectivement démontré la polychromie de nombreux édifices, non plus seulement à l’époque antique mais aussi au Moyen-Âge. A l’époque romane (11ème-12ème siècles), l’intérieur des édifices religieux étaient couverts d’un décor, sculpté ou non, destiné à instruire les fidèles. Tel un livre d’images, ces scènes illustrées racontent les épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testaments, de l’Apocalypse et de la vie des saints. Des bandeaux décoratifs composés de motifs géométriques ou végétaux, délimitent les scènes. Les figures y sont parfois très schématisées dans un souci de lisibilité : la terre peut être représentée par une simple ondulation. Les couleurs aux tons ocres, étant juxtaposées, le relief des figures était donné par les plis des vêtements soulignés aux pinceaux et de larges bandes horizontales en arrière-plan. Le Poitou avec ses églises romanes et ses abbayes, est riche de ces vestiges. L’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe en est le meilleur exemple. La chapelle du CRDPde Poitiers, ancienne abbaye Saint-Hilaire de la Celle, possède quelques traces de polychromie. Cependant ces restes sont trop légers pour rendre compte du décor qui s’y trouvait. Un jeu de lumière contemporain est proposé sur le tombeau de Saint Hilaire pour rappeler l’importance de la couleur dans le décor des édifices religieux au Moyen Âge. Louis Bertrand
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